6

Parfois, je me livre à des safaris à nul autre accessibles. Je remonte vers l’intérieur l’axe de mes souvenirs. Comme un écolier racontant ses vacances, je choisis mon sujet. Disons… les intellectuelles ! Je remonte encore jusqu’à l’océan qui constitue mes ancêtres. Je suis un gros poisson ailé évoluant dans les abysses. La bouche de mes perceptions s’ouvre toute grande et je les engloutis ! Parfois… parfois, je pars à la recherche de personnes précises figurant dans nos livres d’histoire. Quelle joie intime, de revivre la vie de l’une d’elles tout en me riant des prétentions académiques censées former une biographie célèbre !

Les Mémoires Volés.

Moneo descendit dans la crypte avec une morne résignation. Impossible d’échapper aux devoirs qui lui incombaient à présent. L’Empereur-Dieu allait avoir besoin d’un peu de temps pour pleurer ce Duncan qu’il venait encore de perdre. Mais… il fallait bien que la vie continue… semblable à elle-même…

L’ascenseur glissait dans un silence sans heurt qui portait la marque de la superbe technologie ixienne. Une fois, juste une fois, l’Empereur-Dieu avait apostrophé son majordome :

— Moneo ! Il y a des jours où je me demande si ce ne sont pas les Ixiens qui t’ont fabriqué, toi aussi !

L’ascenseur s’arrêta. La porte s’ouvrit et Moneo se trouva sur le seuil de la vaste crypte, au milieu de laquelle était le Chariot Royal avec son contenu massif plongé dans l’ombre. Rien ne permettait de dire si Leto s’était aperçu de son arrivée. Moneo soupira et marcha sur les dalles qui résonnaient lugubrement. Un cadavre gisait non loin du chariot. Inutile d’invoquer la sensation de déjà vu. La scène était simplement familière.

Un jour, dans ses premiers temps de service, Leto lui avait dit :

— Tu n’aimes pas cet endroit, Moneo. Je le vois bien.

— Non, Mon Seigneur.

Sans avoir besoin de trop fatiguer sa mémoire, Moneo entendait sa propre voix, dans ce passé où il était si naïf. Et aussi la voix de Leto, répondant :

— Tu penses qu’un mausolée n’est pas un endroit très réconfortant. Pour moi, Moneo, c’est une source de force infinie.

— Oui, Mon Seigneur.

Moneo se rappelait qu’il ne demandait qu’à changer de conversation, mais Leto avait poursuivi :

— Il n’y a ici que quelques-uns de mes ancêtres. Il y a l’eau de Muad’Dib. Il y a Ghanima et Harq al-Ada, bien sûr, mais ce ne sont pas mes ancêtres. En fait, la seule crypte où sont réunis mes ancêtres, c’est moi. Ici, il y a surtout les Duncan et les produits de mon programme génétique. Tu y seras un jour, toi aussi.

Moneo s’avisa que ces réminiscences avaient ralenti son pas. Soupirant derechef, il marcha un peu plus vite. Leto savait se montrer furieusement impatient à l’occasion, mais pour l’instant il ne donnait aucun signe de vie. Ce qui ne signifiait nullement, pour le prudent Moneo, que son approche était inaperçue.

Leto avait les yeux fermés et seuls ses autres sens enregistraient la progression de Moneo sur le sol dallé de la crypte. Ses pensées étaient occupées par Siona.

Siona est ma plus ardente ennemie, pensait l’Empereur-Dieu. Je n’ai pas besoin du rapport de Nayla pour le savoir. Siona est une femme d’action. Elle vit sur un volcan d’énormes énergies qui me remplissent de fantasmes de joie. Je ne peux contempler ces énergies vives sans éprouver un sentiment d’extase. Elles sont ma raison d’être, la justification de tous mes actes… y compris celui qui a terrassé cet imbécile de Duncan qui se trouve encore ici devant moi.

L’oreille de Leto lui disait que Moneo n’avait pas encore parcouru la moitié du chemin qui séparait l’ascenseur du Chariot Royal. Le majordome avançait de plus en plus lentement. Puis il reprit une allure normale.

Quel beau présent m’a fait Moneo en me donnant cette fille, songea Leto. Siona est d’une fraîcheur précieuse. Elle est tout ce qui est nouveau, alors que je représente la cohorte du suranné, le reliquat des damnés, des perdus et des oubliés. Je suis les fragments d’histoire fourvoyés qui ont sombré au loin dans nos passés. Jamais auparavant on n’avait pu imaginer un assemblage de racaille aussi hétéroclite.

Leto fit alors défiler ceux du passé en lui pour qu’ils voient ce qui était arrivé dans la crypte.

Les détails m’appartiennent !

Siona, cependant… Siona était comme une ardoise propre sur laquelle de grandes choses pouvaient encore être écrites.

Je garde cette ardoise avec un soin jaloux. Je la prépare, je la nettoie.

Que voulait dire le Duncan, quand il a murmuré son nom ?

Moneo finissait de se rapprocher du chariot avec une circonspection gênée et cependant alerte. Il était improbable que Leto dorme.

L’Empereur-Dieu ouvrit les yeux et les baissa vers Moneo, qui s’était arrêté à un pas du cadavre. En de tels instants, Leto prenait du plaisir à observer son majordome. Celui-ci portait l’uniforme blanc des Atréides, sans insigne, ce qui était en soi un commentaire subtil. Son visage, aussi connu que celui de Leto, était la seule marque distinctive dont il eût besoin. Moneo attendit patiemment. Son visage neutre, aux traits réguliers, n’accusait pas le moindre changement d’expression. Sa chevelure filasse était séparée en son milieu par une raie droite. Au fond de ses yeux gris se devinait le regard de fermeté directe associée à une grande connaissance du pouvoir personnel. C’était un regard qu’il ne modifiait qu’en présence de l’Empereur-Dieu, et encore, pas toujours. Pas une seule fois il ne s’était tourné vers le cadavre qui gisait sur le sol de la crypte.

Comme Leto gardait le silence, Moneo se racla la gorge :

— Je suis navré, Mon Seigneur.

Splendide ! se dit Leto. Il sait quel remords sincère j’éprouve à l’égard des Duncan. Il a vu leurs dossiers et il en a vu mourir suffisamment. Il n’ignore pas que seuls dix-neuf d’entre eux ont connu ce que l’on appelle généralement une mort naturelle.

— Il avait un laser ixien, fit Leto.

Le regard de Moneo se porta sans hésiter sur l’arme qui était restée par terre à une certaine distance vers la gauche. Il démontrait ainsi qu’il l’avait déjà remarquée. Il concentra ensuite son attention sur le long corps de l’Empereur-Dieu.

— Vous êtes blessé, Mon Seigneur ?

— C’est sans conséquence.

— Mais il vous a touché.

— Ces moignons ne me servent à rien. Ils auront entièrement disparu d’ici un siècle ou deux.

— Je me chargerai personnellement du corps du Duncan, fit Moneo. Y a-t-il…

— Le morceau de moi qui est tombé est entièrement réduit en cendres. Nous le laisserons s’éparpiller dans l’air. C’est un destin qui convient à des cendres.

— Comme voudra Mon Seigneur.

— Avant de t’occuper du cadavre, tu neutraliseras le laser et tu le garderas pour que je puisse le présenter à l’ambassadeur d’Ix. Quant à l’homme de la Guilde qui nous a mis au courant, tu lui offriras à titre personnel dix grammes d’épice. Ah ! et il faut aussi avertir nos prêtresses de Giedi Prime de la présence probable sur leur planète d’une réserve secrète de mélange, qui doit provenir de l’ancien trafic des Harkonnen.

— Que souhaitez-vous faire de l’épice quand elle sera entre nos mains, Mon Seigneur ?

— Tu en utiliseras une partie pour payer le nouveau ghola au Tleilax. Le reste sera déposé ici, dans nos magasins de la crypte.

— Mon Seigneur.

Moneo accepta ces ordres d’une inclination de tête qui n’était pas tout à fait une courbette. Son regard rencontra celui de Leto.

L’Empereur-Dieu sourit en se disant : Nous savons tous les deux qu’il ne se retirera pas sans avoir évoqué directement la question qui nous tient le plus à cœur.

— J’ai parcouru le rapport concernant Siona, fit Moneo.

Le sourire de Leto s’agrandit. Moneo lui faisait tellement plaisir dans ces moments-là. Ses paroles impliquaient beaucoup de choses qu’ils n’avaient pas besoin de discuter ouvertement. Ses actes étaient en parfaite conformité avec tout le reste, à condition qu’il fût bien compris qu’il avait le droit de tout espionner. Ses inquiétudes à propos de sa fille étaient fort naturelles, mais il tenait à faire savoir que les intérêts de l’Empereur-Dieu passaient avant tout le reste. Pour avoir traversé lui-même des fortunes similaires, Moneo connaissait avec précision la nature délicate de la position présente occupée par Siona.

— N’est-ce pas moi qui l’ai créée, Moneo ? demanda Leto. N’ai-je pas veillé sur les conditions de son hérédité ancestrale et de son éducation ?

— C’est mon unique fille, ma seule enfant, Mon Seigneur.

— Par certains côtés, elle me rappelle Harqal-Ada, fit Leto. Elle ne semble pas tirer beaucoup de Ghani, bien qu’il y ait nécessairement de cela en elle. Peut-être qu’elle remonte à nos ancêtres du programme Bene Gesserit.

— Pourquoi dites-vous cela, Mon Seigneur ?

Leto s’accorda un instant de réflexion. Moneo avait-il besoin de savoir ce détail au sujet de sa fille ? Il y avait des moments où Siona disparaissait de sa vision presciente. Le Sentier d’Or demeurait, mais Siona n’était plus là. Pourtant… elle n’était pas presciente elle-même. C’était un phénomène unique. Et si elle survivait… Mais Leto décida de ne pas perturber l’efficacité de Moneo par des informations inutiles.

— Souviens-toi de ton propre passé, dit-il.

— Précisément, Mon Seigneur ! Elle possède le même potentiel, bien plus fort que le mien. Mais c’est également ce qui la rend dangereuse.

— Et elle ne veut pas t’écouter.

— Non, mais j’ai quelqu’un parmi ses rebelles.

Probablement Topri, se dit Leto.

Nul besoin d’être prescient pour se douter que Moneo avait un agent en place. Depuis que la mère de Siona était morte, Leto était capable de prévoir avec une précision grandissante les orientations de Moneo. Tous les soupçons de Nayla menaient à Topri. Et maintenant, Moneo mettait en avant ses craintes et ses réactions, en les offrant comme prix de la sécurité future de sa fille.

Quel dommage qu’il n’ait eu qu’un enfant de cette femme.

— Souviens-toi de la manière dont je t’ai traité en de semblables circonstances, fit Leto. Tu connais aussi bien que moi les exigences du Sentier d’Or.

— Mais j’étais jeune et stupide, Mon Seigneur.

— Jeune et impétueux, mais pas stupide.

Moneo parvint à sourire devant ce compliment, ses pensées inclinant de plus en plus vers la conviction de comprendre à présent quelles étaient les intentions de l’Empereur-Dieu. Mais les dangers qu’il y avait !

Allant dans son sens, Leto ajouta :

— Tu sais comme j’apprécie les surprises.

Et c’est vrai, se dit-il. Moneo ne l’ignore certes pas. Mais tout en me ménageant des surprises, Siona me rappelle ce que je redoute le plus… L’ennui et la monotonie qui pourraient rompre le Sentier d’Or. Témoin la lassitude qui m’a mis provisoirement à la merci du Duncan ! Siona est le contraste qui me permet de connaître mes craintes les plus profondes. Les inquiétudes de Moneo en ce qui me concerne sont fondées.

— Mon agent secret va continuer de surveiller ses compagnons, Mon Seigneur, déclara Moneo. Je ne les aime guère.

— Ses compagnons ? Moi-même j’en ai eu de semblables, autrefois.

— Un rebelle ? Vous, Mon Seigneur ?

Moneo paraissait sincèrement surpris.

— N’ai-je pas prouvé que j’étais l’ami de la rébellion ?

— Mais, Mon Seigneur…

— Les aberrations de notre passé sont plus nombreuses que tu ne peux l’imaginer.

— Oui, Mon Seigneur.

Moneo, bien que déconcerté, demeurait curieux ; et il savait que l’Empereur-Dieu devenait parfois plus loquace après la mort d’un Duncan.

— Vous avez dû connaître beaucoup de rébellions, Mon Seigneur.

Malgré lui, Leto fut plongé par cette remarque dans un océan de réminiscences.

— Si tu savais, Moneo… murmura-t-il. Mes voyages à travers les labyrinthes ancestraux ont fait resurgir dans ma mémoire d’innombrables lieux et événements que je ne voudrais jamais voir répétés.

— J’imagine vos voyages intérieurs, Mon Seigneur.

— Non, tu ne les imagines pas. J’ai vu un si grand nombre de peuples et de planètes que cela en perd toute signification, même en imagination. Les paysages que j’ai contemplés ! La calligraphie des chemins étrangers entrevus dans l’espace et imprimés dans mes plus intimes visions ! Les sculptures érodées de falaises et de canyons et de galaxies ont gravé en moi la certitude absolue de n’être qu’un grain de poussière.

— Pas vous, Mon Seigneur. Certainement pas vous.

— Moins qu’un grain de poussière ! J’ai vu des peuples et leurs sociétés stériles dans des postures tellement répétitives que leur inanité m’emplit d’un ennui sans nom. Tu m’entends ?

— Je ne voulais pas vous mettre en colère, mon Seigneur, fit Moneo d’une voix soumise.

— Tu ne me mets pas en colère. Quelquefois, tu m’agaces, c’est le maximum. Tu ne peux pas imaginer ce que j’ai vu… califes et mjeeds, rakahs, rajahs et pachas, rois et empereurs, primitos et présidents… je les ai tous vus. Des chefs de clans féodaux, du premier jusqu’au dernier. Des petits pharaons.

— Pardonnez-moi ma présomption, Mon Seigneur.

— Maudits Romains ! s’écria soudain Leto.

Il apostropha intérieurement ses ancêtres : Maudits Romains !

Leur éclat de rire collectif le chassa de la scène interne.

— Je ne comprends pas, Mon Seigneur, s’enhardit à dire Moneo.

— Bien sûr que tu ne comprends pas. Les Romains ont répandu la maladie pharaonique comme le fermier répand sur son champ le grain de la prochaine récolte. Césars, kaisers, tsars, imperators, caseris, palatos… maudits pharaons !

— Mes connaissances n’englobent pas tous ces titres, Mon Seigneur.

— Je suis peut-être le dernier du lot, Moneo. Prie pour qu’il en soit ainsi.

— Comme l’ordonnera Mon Seigneur.

Leto baissa les yeux vers lui :

— Toi et moi, Moneo, nous sommes les tueurs-de-mythes. C’est le rêve que nous partageons. Du haut de mon divin piédestal olympien, je peux t’assurer que le gouvernement n’est rien d’autre qu’un mythe partagé. Quand le mythe s’éteint, le gouvernement meurt.

— C’est ce que vous m’avez enseigné, Mon Seigneur.

— Cette machine humaine, qui a pour nom l’armée, c’est elle qui a créé notre rêve actuel, mon ami.

Moneo se racla la gorge.

Leto reconnut les petits signes d’impatience de son majordome.

Moneo sait ce que c’est que l’armée ; il n’ignore pas que c’est un rêve stupide qui a fait des armées l’instrument de gouvernement de base.

Comme Leto se taisait, Moneo alla ramasser le laser sur les dalles froides de la crypte. Il commença à le démonter.

Leto le regardait faire, en songeant que cette scène ponctuelle contenait toute l’essence du mythe militaire. L’armée favorisait la technologie parce que la suprématie des machines paraissait tellement évidente aux yeux des myopes.

Ce laser n’est rien de plus qu’une machine. Mais toutes les machines sont imparfaites et condamnées à être dépassées. Pourtant, l’armée leur rend un culte à la fois plein d’effroi et de fascination. Il n’y a qu’à voir la manière dont sont craints les Ixiens ! Au niveau viscéral, l’armée sait qu’elle s’apparente à l’apprenti sorcier. Elle libère la technologie et plus jamais le génie du mal ne peut réintégrer la bouteille.

Moi, c’est une autre magie que je leur enseigne.

Leto s’adressa alors aux cohortes qui étaient en lui :

Vous voyez ? Moneo a neutralisé l’instrument de mort. Un contact arraché par-ci, une pastille écrasée par-là.

Leto fronça les narines. Il percevait les esters d’une huile préservatrice dominant les effluves désagréables de la transpiration de Moneo.

Toujours en son for intérieur, Leto poursuivit sa harangue : Mais le génie n’est pas mort. La technologie engendre l’anarchie. Elle distribue ses outils au hasard. Et avec eux, inévitablement, va la provocation à la violence. La possibilité de fabriquer et d’utiliser des moyens de destruction forcenée finit par tomber tôt ou tard entre les mains de groupes de plus en plus restreints, jusqu’au groupe ultime constitué par un individu unique.

Moneo revint se placer en un point situé en contrebas de Leto. Il tenait négligemment à la main droite le laser désarmé.

— On parle beaucoup en ce moment, sur Parella et les planètes du Dan, de lancer un nouveau jihad contre ce genre de chose.

Il leva le laser en souriant, montrant qu’il savait reconnaître le paradoxe de ces rêves creux.

Leto ferma les yeux. Les cohortes qui étaient en lui auraient voulu discuter, mais il les isola en pensant : les jihads servent à créer des armées. Le Jihad Butlérien a tenté de débarrasser notre univers des machines qui imitent l’esprit de l’homme. Les Butlériens ont laissé des armées dans leur sillage, et les Ixiens continuent à fabriquer des objets suspects… ce dont je les remercie grandement. Qu’est-ce que l’anathème ? Une motivation au ravage, quels qu’en soient les instruments.

— C’est arrivé, murmura-t-il.

— Mon Seigneur ?

Leto rouvrit les yeux.

— Je me retire dans ma tour, dit-il. Il me faut encore du temps pour pleurer mon Duncan.

— Le nouveau est déjà en chemin, répondit Moneo.

 

L'Empereur-Dieu de Dune
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